Découvrez comment le programme Transition aide les structures de l’ESS à franchir le cap du changement d’échelle, à l’image de Résiliència.

  • 2013 : création d’Un Petit Coin de Paradis, à l’origine du projet Résiliència
  • 20 personnes dans l’équipe aujourd’hui
  • 1 million d’utilisateurs des solutions de toilettes sèches chaque année
  • 350 événements accompagnés chaque année en Gironde
  • 6 millions de litres d’eau potable économisés par an
  • 3 000 hectares fertilisés ou biostimulés chaque année grâce aux matières valorisées
  • Membre de la promo 2025 du programme Transition de La Ruche®

Et si aller aux toilettes pouvait aussi contribuer à préserver l’eau potable et à nourrir les sols ? C’est le pari que fait Résiliència depuis plus de dix ans en développant des solutions de toilettes sèches adaptées aux événements, aux chantiers, aux particuliers et, demain, aux bâtiments.

Née en Gironde autour d’une idée simple : proposer des toilettes sèches sur les événements, l’entreprise a progressivement construit un modèle plus large autour de l’assainissement écologique et de l’économie circulaire. Aujourd’hui, ses solutions sont utilisées par près d’un million de personnes chaque année. Un développement accompagné par La Ruche dans le cadre du programme Transition, dédié aux structures de l’économie sociale et solidaire engagées dans l’économie circulaire.

De quelques toilettes sèches sur des festivals à un projet d’assainissement écologique

En 2013, Résiliència s’appelait encore Un Petit Coin de Paradis. À l’origine, deux amis (Mathieu Préel et Fabrice Broccoli) décident de créer une petite entreprise pour installer et louer des toilettes sèches sur des événements en Gironde.

Le point de départ est presque spontané : « On a créé une petite entreprise entre amis qui veulent aller installer des toilettes sèches sur des événements car on trouvait ça cool et en lien avec nos valeurs écolos. »

Mais derrière cette première activité, une prise de conscience va progressivement transformer le projet. À partir de 2019, l’équipe mesure davantage l’impact que peuvent avoir les toilettes sans eau sur les enjeux de gestion de l’eau et d’assainissement.

L’idée n’est alors plus seulement de proposer une alternative aux toilettes traditionnelles lors d’un festival. Il s’agit de repenser plus largement notre manière de gérer une ressource précieuse : l’eau potable.

Cette évolution va conduire Résiliència à diversifier progressivement ses activités.

Une innovation née des besoins du terrain

Chez Résiliència, les nouvelles offres ne sont pas nécessairement imaginées derrière un bureau. Elles émergent directement des usages et des demandes des clients.

Une entreprise demande par exemple s’il est possible d’installer des cabines sur ses chantiers. Un particulier souhaite pouvoir utiliser une toilette sèche chez lui. À chaque nouvelle demande, l’équipe cherche comment adapter ses solutions.

« Tout vient des clients. On a adapté nos toilettes pour chaque contexte, chaque besoin. On aurait pu dire non, mais on aime bien développer de nouveaux projets. »

Cette capacité d’adaptation est devenue l’une des caractéristiques du projet.

Après la location de toilettes sèches pour les événements, Résiliència développe des solutions pour les chantiers, les guinguettes ou encore les habitats temporaires, avec des locations longue durée.

Puis, face à l’intérêt de particuliers ayant découvert les toilettes sèches lors d’événements, l’entreprise crée Bibok, une solution destinée à être installée directement chez soi. Un bureau d’études est également en développement pour faciliter l’intégration des toilettes sèches dans les projets de construction de bâtiments.

Même les demandes les plus inattendues deviennent parfois des occasions d’innover. Résiliència raconte ainsi avoir adapté des cabines VIP pour des personnalités qui ne souhaitent pas utiliser de sciure.

Une anecdote qui illustre bien la philosophie de l’entreprise : partir des usages pour faire évoluer la solution, plutôt que demander aux utilisateurs de s’adapter à un modèle préexistant.

Changer les habitudes : le véritable défi des toilettes sèches

Si les solutions techniques ont rapidement trouvé leur place, le principal obstacle a longtemps été ailleurs : dans les habitudes.

Ne pas tirer la chasse d’eau après être allé aux toilettes peut sembler contre-intuitif. Les toilettes sèches supposent donc un changement de réflexe, mais aussi un changement de regard.

“À chaque fois, on défriche les a priori des gens, des décideurs, des utilisateurs. Tout en étant à l’écoute des utilisateurs pour que ça leur convienne. Les événements ont justement constitué un formidable terrain d’expérimentation. Lorsque les toilettes sèches sont la seule solution disponible sur un festival, les participants les utilisent naturellement. Ils testent, découvrent que l’expérience est différente mais accessible, puis finissent progressivement par s’y habituer.”

C’est aussi là que se joue une partie de la transformation culturelle portée par Résiliencia : faire de l’usage la première étape du changement.

Toilettes sèches : derrière l’économie d’eau, une boucle circulaire

Aujourd’hui, l’impact de Résiliència se mesure concrètement.

Chaque année, 350 événements en Gironde accueillent les solutions d’Un Petit Coin de Paradis. Au total, les différentes solutions de toilettes sèches développées par l’entreprise représentent environ 1 million d’utilisateurs par an, dont 800 000 sur la seule activité événementielle.

À raison d’environ 6 litres d’eau pour une chasse d’eau, cela représente 6 millions de litres d’eau potable économisés chaque année, soit l’équivalent de la consommation annuelle d’environ 110 personnes ou de 2,5 piscines olympiques.

Mais l’approche de Résiliència ne s’arrête pas à l’économie d’eau.

Les matières collectées sont intégrées à un écosystème de partenaires afin d’être valorisées sous forme de biostimulant et de compost agricole. L’objectif : ne plus considérer les matières issues de l’assainissement comme de simples déchets, mais comme une ressource pouvant retourner au sol.

Chaque année, les matières générées permettent ainsi de fertiliser ou de biostimuler environ 3 000 hectares.

Une logique qui illustre pleinement les principes de l’économie circulaire : économiser une ressource à l’entrée, valoriser ce qui était auparavant considéré comme un déchet et recréer une boucle entre les usages humains et les besoins des sols.

Grandir sans perdre le sens du projet

Cette croissance pose aujourd’hui de nouveaux défis.

L’équipe compte désormais une vingtaine de personnes, attirées notamment par la dimension écologique et l’impact du projet. La culture interne reste volontairement simple et conviviale, avec des relations décrites comme « friendly », et une volonté de partager des convictions communes autour du projet.

Résiliència, accompagnée par La Ruche® Bordeaux

Mais développer une activité de location de toilettes sèches implique aussi une réalité très concrète : il faut de l’espace.

Les cabines appartiennent à Résiliència et sont fabriquées en Gironde puis stockées dans les locaux de l’entreprise sur Bordeaux Métropole. À mesure que l’activité se développe, le foncier devient donc un enjeu stratégique à part entière.

À cela s’ajoute un défi réglementaire qui limite encore les possibilités d’aller plus loin dans la valorisation écologique des matières.

Le changement d’échelle ne consiste donc pas seulement à vendre davantage. Il suppose de faire évoluer l’organisation, les infrastructures, la stratégie et, plus largement, le cadre dans lequel ces solutions peuvent se développer.

Prendre du recul pour préparer la suite avec La Ruche®

C’est dans cette phase de développement que Résiliència rejoint le programme Transition, dédié aux structures de l’économie sociale et solidaire qui contribuent à l’économie circulaire.

Pour l’équipe, l’intérêt d’un programme d’accompagnement ne réside pas uniquement dans les outils ou les conseils proposés. Après avoir déjà bénéficié d’un premier accompagnement lors d’une précédente phase de changement d’échelle, elle ressentait le besoin de renouveler l’expérience.

L’objectif : prendre de la hauteur.

« Prendre une pause, voir plus loin, avoir un tiers qui aide. »

Le fait d’être accompagné aux côtés d’autres structures de l’économie circulaire constitue également un véritable atout. Les problématiques rencontrées sont proches, les enjeux communs et les échanges facilités par une même culture entrepreneuriale et écologique : « On parle le même jargon. »

Pour Résiliència, l’accompagnement porte notamment sur des enjeux de stratégie de communication et de préparation au changement d’échelle.

Et si les toilettes étaient le début d’une nouvelle façon de penser l’assainissement ?

En un peu plus de dix ans, Résiliència est passée d’une petite équipe qui installait des toilettes sèches sur des événements à une structure de près de 20 personnes, développant plusieurs solutions autour de l’assainissement écologique.

Son histoire montre qu’une innovation peut parfois partir d’une idée très simple. Puis évoluer grâce aux usages, aux rencontres, aux besoins du terrain et à la capacité de remettre régulièrement son modèle en question.

Aujourd’hui, Résiliència continue d’explorer de nouvelles voies pour développer les toilettes sans eau, tout en cherchant à dépasser les freins culturels, réglementaires et fonciers qui limitent encore leur déploiement.

Une ambition qui tient finalement en une boucle : utiliser moins d’eau, valoriser les matières et contribuer à rendre nos modes d’assainissement plus sobres et plus circulaires.

Vous développez un projet d’économie circulaire ?

Comme Résiliència, donnez une nouvelle dimension à votre impact. Rejoignez Transition, le programme dédié aux structures de l’économie sociale et solidaire engagées dans l’économie circulaire, et bénéficiez d’un accompagnement sur-mesure signé La Ruche®.

👉 Candidater à la nouvelle promotion du programme Transition

Partager cet article