ZOOM SUR… Alice GUIRAUD & La Fabrique à Fauteuils

Bordeaux date_range 1 juin 2021 Catégories : Zoom sur ....
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Découvrez le portrait de la co-fondatrice de la Fabrique à Fauteuils, l’un des projets coup de cœur de l’édition 6 des Audacieuses.

 

 

 

 

  • Peux-tu te présenter à nous ?

Je m’appelle Alice Guiraud et je suis la co-fondatrice de La Fabrique à Fauteuils. Ingénieure de formation, je travaillais auparavant dans l’aérospatial, mais j’ai fini par ressentir le besoin de mettre plus de sens dans ma vie.

 

Avec mon mari, nous sommes partis vivre 4 ans en Egypte où j’ai créé une première entreprise : une marque de vêtement éthique et solidaire. Je réalisais des robes pour des femmes expatriés françaises et les bénéfices étaient reversés à une association dans le quartier des chiffonniers du Caire pour former les femmes à la couture et à la revalorisation des déchets.

 

Lorsque je travaillais dans l’ingénierie pure, il me manquait quelque chose de plus humain, de plus social et solidaire. Et lorsque je travaillais dans l’humanitaire, je manquais de stimulation intellectuelle.

 

La Fabrique à Fauteuils a été le projet parfait pour me permettre de mélanger les deux aspects. Le juste équilibre entre l’ingénierie, la conception, la création technique et la partie sociale et l’engagement.

 

 

 

  • Parle-nous de La Fabrique à Fauteuils, comment cela a été mis en place et que proposez-vous ?

La Fabrique à Fauteuils est un atelier artisanal qui imagine et fabrique des assises durables à construire soi-même pour réinventer nos intérieurs avec du mobilier sain et esthétique.

Nous avons acheté un ancien château viticole dans l’entre deux mers alors que nous étions encore expartiés en Egypte. Et au moment de l’ameublement, on s’est rendu compte que le marché du meuble en France ne répondait pas à nos attentes en termes de valeurs et d’engagements, mais également en termes d’esthétisme.

 

On avait beaucoup d’exigences qu’on ne pouvait regrouper dans un budget cohérent, à notre sens. Étant tous deux ingénieurs, on s’est dit qu’on allait les faire nous-même ! 

 

C’est ainsi que le concept est né.

 

 

  • Comment s’est déroulé le processus créatif ? 

Dans un premier temps, j’avais trop d’idées qui ne pouvaient pas toutes être intégrées dans un même fauteuil…alors nous avons affiné avec les contraintes techniques, de coût et de durabilité.

La première gamme de produits a émergé au fil des prototypes pour répondre autant à nos envies créatives qu’à nos différentes exigences écologiques. Comme par exemple, les matières premières qui sont toutes issues des campagnes françaises et transformées en France.

Alors notre processus créatif est semé de compromis pour allier l’innovation, l’éco-responsabilité et la technicité : une chaise doit quand même tenir quand on s’assoit dessus 😉

 

 

 

  • Quelle a été votre plus folle idée de réalisation ?

Ma logique d’ingénieur fait que ma créativité est un peu restreinte par ce qui est possible mécaniquement donc il n’y a pas eu d’idée complètement farfelue.

J’avais tout de même pensé à certaines formes qui étaient un peu particulières, mais les contraintes techniques de couture m’ont restreinte.

La Fabrique utilise des housses ! On ne peut pas appliquer à 100% les techniques de tapissier qui tapissent élément à élément et permet de faire plus d’arrondis.  

 

 

 

  • Quels types de fauteuil proposez-vous  ? 

C’est un point qui a beaucoup été réfléchi, derrière notre concept il y a la nécessité de répondre à un besoin qui est réel.

On propose des produits fonctionnels, confortables, ergonomiques et durables. 

On ne veut pas juste créer un produit de décoration, notre mobilier doit être utile.

 

Par exemple, le canapé Napoléon a été conçu pour répondre autant à un besoin de canapé dans un petit appartement qu’en plusieurs exemplaires dans un salon plus grand ou encore dans un salon secondaire. Il répond à divers besoins, peu importe la catégorie socioprofessionnelle du client.

 

 

 

  • Comment sont trouvés les noms de vos fauteuils ? 

On choisit des personnages, sélectionnés de par leurs valeurs, leur histoire ou de par les choix qu’ils ont pu faire. Il faut que cela nous inspire et résonne avec notre propre parcours.

 

Par exemple, le fauteuil Michèle, notre fauteuil enfant : Il est inspiré de Michèle mouton, la première femme à avoir gagner un rallye automobile. Elle l’a remporté avec une voiture qui s’appelle la Stratos. La forme angulaire du fauteuil est inspirée de la calandre de cette voiture.

 

Son histoire fait sens, il s’agit d’une féministe, une personnalité forte. 

Et pour la petite anecdote personnelle, il y a un autre point qui justifie ce choix : je suis passionnée de 2CV et elle a décidé de faire de l’automobile avec une 2CV. C’est d’ailleurs la première voiture qu’elle a mécaniquement mise en route. 

 

 

 

  • Peux-tu nous présenter le déroulé d’une journée type depuis le lancement de La Fabrique à Fauteuils ?

La journée est décomposée en 2 partie :

Partie logistique : 

Elle correspond à toute la partie préparation de commandes, gestion des stocks, approvisionnement, rangement, mais également au côté maintenance et entretien de l’atelier. 

La partie développement :

Elle correspond à la création de contenus, la mise à jour du site internet, à la gestion de la communauté, des partenariats ainsi qu’au développement de nouveaux produits. Il s’agit essentiellement du côté commercial et relation client.

 

Si on résume, ma journée s’articule autour de 4 missions : l’administratif, la logistique, la création, le développement partenaires et entreprise. 

 

 

 

  • Comment as-tu vécu l’expérience du concours de la Fabrique Aviva ? Et qu’est-ce que cela t’a apporté ?

C’était super réjouissant d’être sélectionné, car c’est une sélection très exigeante. Ça a été une réassurance en tant qu’entrepreneur : il y a un réel besoin auquel notre concept répond.

 

Sur la phase de vote, nous on a été volontairement un peu en retrait, car on savait qu’on n’avait pas forcément la force de frappe en terme de communauté pour aller dans les 10 000 vote nécessaires.

Mais l’expérience était très intéressante, j’ai eu l’opportunité de reformuler le projet avec de nouveaux critères. D’autant plus que mon dernier pitch était pour le programme des Audacieuses, ça m’a permis de faire un point, j’ai vécu l’exercice comme une  mesure d’évolution.

 

Je repars avec de nouvelles pistes à creuser grâce à l’échange avec les jurés.

 

 

 

  • Quels sont les projets du moment ? Les ambitions à court et long terme?

A court terme : 

Nous allons enclencher le volet insertion de notre projet en débutant dès cet été des animations sensorielles avec des associations bordelaises en faveur des personnes sourdes ou malentendantes. 

À long terme :

Nous sommes en train d’élaborer une nouvelle solution pour rendre le montage encore plus abordable aux non-initiés au bricolage. Et on continue à développer des produits et accessoires connexes. Des exclusivités sont à venir très vite en partenariat avec d’autres Audacieuses ! 

 

 

  • Qu’est-ce que le programme des Audacieuses apporte à La Fabrique à Fauteuils ?

On a été sélectionné au début de la commercialisation, ça a vraiment été un boost !

On est 2 à travailler sur le projet, mais je suis la seule à travailler à 100% sur l’activité. 

Et grâce au programme des Audacieuses, je ne suis pas toute seule, je suis entourée de supers nanas motivées qui portent des projets forts et qui travaillent pour un avenir plus vert. 

On fait partie d’une équipe et on a l’impression d’avancer à plusieurs sur nos projets respectifs. 

Je suis très engagé sur les projets des autres, je me tiens au courant  et dès qu’il y a un coup de mou, on échange les uns avec les autres. 

 

Petite frustration dûe au covid, on perd les échanges informels lors des temps de pause qui permets des liens encore plus profonds. Mais bon c’est le contexte qui le veut…

On va pouvoir toutes se retrouver pour la soirée de clôture prévue en présentiel le 24 juin prochain ! 

 

 

  • Si tu avais un super pouvoir, lequel choisirais-tu ? 

C’est une question que je ne me suis jamais posée, mais je dirais le pouvoir d’octroyer de la bienveillance à toutes les personnes qui font que parfois ce monde est injuste. 😉 

 




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