Zoom sur… éthi’Kdo

Paris date_range 25 mars 2020 Catégories : Bourdonnement du Réseau et Zoom sur ....
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Après un cursus sport études et une école de commerce, Severin  démarre sa carrière de rugbyman professionnel pour une équipe du Top 14 (comme le confirme Google ici). Deux années et beaucoup de blessures plus tard, il s’éloigne du sport professionnel pour se lancer dans un tour du monde ! 

A son retour en France, Severin trouve un emploi dans le secteur du recyclage. Pour Paprec, leader du recyclage. Puis pour Eco-mobilier qui apporte des solutions pour la collecte et la valorisation des meubles usagés, en leur offrant une deuxième vie. Initiative qui a permis en 2018 de collecter 686 000 tonnes de meubles usagés et de les valoriser.
“J’étais heureux avec un travail qui avait du sens mais j’avais cette idée constamment derrière la tête.” Après sa rupture conventionnelle accordée, Severin démarre l’aventure Ethikdo. 

D'où vient l'idée d'éthi'Kdo ?

Je suis parti du constat que très peu d’acteurs de l’Economie Sociale et Solidaire étaient référencés par les cartes cadeaux traditionnelles alors même qu’il existe de nombreuses  alternatives durables aux produits vendus par les grandes enseignes. 

J’ai alors eu l’idée de créer une carte cadeau regroupant les acteurs de la consommation responsable  au sein d’une Société Coopérative d’intérêt Collectif ! 

EthiKdo est né avec comme vision de proposer des solutions concrètes, attractives et accessibles à tous pour que nous puissions, ensemble, basculer vers un modèle de consommation plus durable !

Comment a démarré l’aventure ?

En septembre 2018 j’ai commencé à travailler à temps plein sur le projet. J’ai tout de suite été accompagné par la BGE Parif et j’ai participé au Social Starter des Canaux. J’ai également pris des bureaux à La Ruche Paris avant de me faire accompagner pendant un an par une de ses équipes dans le cadre de la subvention Paris Innovation Amorçage (PIA).

Les statuts ont été créés en avril 2019. J’ai ensuite cherché des fonds pour assurer le développement de l’activité. J’ai réussi une levée de 120K€ grâce au soutien de sept clubs cigale, à la participation d’amis et de la famille, au budget participatif de la ville de Paris, à la campagne de crowdfunding sur Ulule et à l’obtention de la subvention Paris Innovation Amorçage de la BPI et de la mairie de Paris. 

Je me suis ensuite concentré sur la constitution du réseau. Pour cela, nous avons identifié des acteurs pour chaque typologie de produits afin de proposer une alternative éthique et responsable à chaque achat.  

Aujourd’hui, les gens cherchent du pratique autant que de l’écolo ! La carte Ethikdo permet ainsi d’acheter toute sorte de produit : beauté, nourriture, culture, vêtement, etc. 

Et pour éviter la sur-consommation EthiKdo permet au détenteur d’une carte cadeau de céder tout ou une partie du montant de la carte pour faire un fond à une association partenaire.   

Une fois le réseau d’acteur réuni, les statuts créés et l’argent nécessaire récolté, tout l’enjeu du développement de l’activité résidait dans le déploiement de la carte : 

Comment créer un système adaptable à toutes les enseignes à la fois sur le web et en boutique en étant le plus respectueux de l’environnement possible ? Il était important pour la cohérence du projet de ne pas créer une carte en plastique et de faciliter sa prise en main par toutes les enseignes du réseau. (découvrez l’histoire de la carte cadeau EthikDo) Pour cela nous avons développé un logiciel SAS et une API capable de s’intégrer aux systèmes de paiement de chaque membre du réseau.

Ce n’est que très récemment que nous avons évalué l’impact du numérique sur le projet. Nous avons développé un logiciel innovant qui intéresse aujourd’hui certains de nos concurrents ! 

Aujourd’hui Ethikdo c’est quoi ?

 Aujourd’hui EthiKdo, c’est 50 sociétaires : salariés (42%), enseignes (38%), particuliers sympathisants (10%) et autres (10%).

C’est également une équipe de sept personnes qui s’occupent des partenariats, du développement commercial, de la technique et de la communication.

C’est également plus de 100 enseignes partenaires qui permettent de consommer autrement !

 

Pourquoi avoir choisi de créer une SCIC ?

A mon sens, le projet avait plus de sens s’il était porté par les personnes du secteur.

Une SCIC est une structure démocratique où les sociétaires s’engagent et décident ensemble des grandes orientations stratégiques à donner à la société. Au sein de laquelle l’intégralité des bénéfices est réinjecté dans la société.
La quête principale est la recherche de l’impact, plutôt que générer de de l’argent. La société coopérative d’intérêt général est bien connue des associations. Celles-ci l’utilisent souvent pour développer une activité commerciale. C’est surtout un statut qui offre beaucoup de transparence et qui supprime les conflits d’intérêt. Ce choix nous a ainsi permis d’embarquer rapidement au sein du projet les acteurs de la consommation responsable comme Emmaüs, La Croix Rouge et Artisans du Monde. 

 

Le statut de coopérative permet aussi de structurer les acteurs de la consommation responsable et de créer un mouvement pour faire effet de levier : ensemble nous offrons assez de choix pour convaincre les consommateurs face aux géants du productivisme comme Amazon. (en savoir plus sur le statut d’EthiKdo)

Grâce à cette gouvernance démocratique, nous pouvons assurer un impact à 360°. C’est ce qui fait la différence avec les autres acteurs du secteur et qui nous assure la première place sur le classement de ZEI.

Nous avons lancé la carte le 15 novembre 2019 pour le marché BtoB. Très vite, nous avons convaincu 80 clients professionnels ! 

Le lancement BtoC s’est fait quelques semaines plus tard. Nous étions prêts pour les fêtes de fin d’année. C’est à cette période que les ventes de cartes cadeaux sont les plus importantes. C’est un marché très saisonnier : nous avons fait plus de ventes le 23 décembre que sur l’ensemble du mois de janvier !

Quels sont vos enjeux pour l’année à venir ?

Nous avons deux principaux enjeux pour l’année 2020 : 

  1. Désaisonnaliser l’activité. Cela passe, d’une part, par des opérations de marketing comme la cooptation (parrainage) ou les jeux concours, et, d’autre part, par le développement commercial pour augmenter le volume des ventes ; 
  2. Etre présent sur tout le territoire ! Continuer de développer les partenariats avec des acteurs locaux et engagés tout en augmentant le nombre de boutiques web.

Quelles sont les difficultés auxquelles tu as dû faire face ?

Le plus compliqué est de trouver un bon équilibre entre entrepreneur, papa et mari. Avoir des enfants, surtout quand ils sont tout petits, ça demande beaucoup de temps et de charge mental. Tout autant que devenir entrepreneur !

Alors il ne faut pas procrastiner ! Il faut se faire accompagner, travailler dur et conforter son idée auprès d’autres personnes !

Quelle est ta plus grande réussite ?

Je suis heureux que l’on ait réussi à lancer un produit qui fonctionne et qui plaît. Nous n’avons eu aucun retour négatif depuis le lancement. C’était complètement inattendu. 

Tout s’est créé très vite, sans bug, en offrant un large choix au consommateur. Le tout permet de promouvoir des initiatives importantes autour du réemploi, de l’économie circulaire, de l’écologie et des circuits courts.Tout ce que j’avais imaginé est là aujourd’hui !




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